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    Le Colisée

    On admire toujours, sous le beau ciel romain,
    Ses vieux gradins massifs et ses hautes arcades,
    Flots de pierres pareils aux immenses cascades
    Que l'hiver boréal suspend sur son chemin.

    Les Césars orgueilleux, d'un signe de la main,
    Faisaient défiler là de fières cavalcades ;
    Ils faisaient s'élancer, de leurs mille embuscades,
    Les fauves qu'appelait le grand peuple inhumain.

    L'amphithéâtre est vide. Un vent d'amour soupire
    En passant sur l'arène où grondaient les lions,
    Où les bourreaux tuaient les saints par millions.

    Les siècles ont broyé le merveilleux empire,
    Et la croix a vaincu les autels des faux dieux,
    Mais ton génie, ô Rome ! est toujours radieux.
     

     

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    Au plus profond de nous

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    Au plus profond de nous

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    Au plus profond de nous

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     Je suis avec toi sur la terre des morts
    Sur la terre la plus réelle sur la terre la plus amère
    Et c’est peut-être ma seule victoire
    De penser qu’elle ne m’est plus étrangère
    La terre si vieille où j’ai vécu
    Comme un mendiant dans la déchéance
    Terre surréelle irréelle et surréelle
    Dans une immense fournaise de désirs et
    d’existences pétrifiées
    Terre où je me reconnais
    Parmi ceux qui les premiers ont aiguisé les silex
    Un vieux geste
    Comme celui que j’ai retrouvé pour t’aimer

      Jacques Marie Prevel.

    Au plus profond de nous

       

    Au plus profond de nous

    Au plus profond de nous

    La mort des amants

    Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
    Des divans profonds comme des tombeaux,
    Et d'étranges fleurs sur des étagères,
    Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

    Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
    Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
    Qui réfléchiront leurs doubles lumières
    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,
    Nous échangerons un éclair unique,
    Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

    Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
    Les miroirs ternis et les flammes mortes.

    Charles Baudelaire

    1821 1867

    Au plus profond de nous

     

     

     

     

     

     

     

       

    Au plus profond de nous

    Ici sera ma tombe, et pas ailleurs, sous ces trois arbres.
    J’en cueille les premières feuilles du printemps
    Entre un socle de granit et une colonne de marbre.

    J’en cueille les premières feuilles du printemps,
    Mais d’autres feuilles se nourriront de l’heureuse pourriture
    De ce corps qui vivra, s’il le peut, cent mille ans.

    Mais d’autres feuilles se nourriront de l’heureuse pourriture,
    Mais d’autres feuilles se noirciront
    Sous la plume de ceux qui content leurs aventures.

    Mais d’autres feuilles se noirciront
    D’une encre plus liquide que le sang et l’eau des fontaines :
    Testaments non observés, paroles perdues au-delà des monts.

    D’une encre plus liquide que le sang et l’eau des fontaines
    Puis-je défendre ma mémoire contre l’oubli
    Comme une seiche qui s’enfuit à perdre sang, à perdre haleine ?

    Puis-je défendre ma mémoire contre l’oubli ?

    Au plus profond de nous

     

     

     

       

    Au plus profond de nous

       


    Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères, Des divans profonds comme des tombeaux, Et d'étranges fleurs sur des étagères, Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.   Usant à l'envi leurs chaleurs dernières, Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux, Qui réfléchiront leurs doubles lumières Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.   Un soir fait de rose et de bleu mystique, Nous échangerons un éclair unique, Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;   Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes, Viendra ranimer, fidèle et joyeux, Les miroirs ternis et les flammes mortes.  

    Au plus profond de nous


     

     

     

     

     

     

     

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    Le fantôme

    Louise Ackermann

    D’un souffle printanier l’air tout à coup s’embaume.
    Dans notre obscur lointain un spectre s’est dressé,
    Et nous reconnaissons notre propre fantôme
    Dans cette ombre qui sort des brumes du passé.

    Nous le suivons de loin, entraînés par un charme
    A travers les débris, à travers les détours,
    Retrouvant un sourire et souvent une larme
    Sur ce chemin semé de rêves et d’amours.

    Par quels champs oubliés et déjà voilés d’ombre
    Cette poursuite vaine un moment nous conduit
    Vers plus d’un mont désert, dans plus d’un vallon sombre,
    Le fantôme léger nous égare après lui.

    Les souvenirs dormants de la jeunesse éteinte
    S’éveillent sous ses pas d’un sommeil calme et doux ;
    Ils murmurent ensemble ou leur chant ou leur plainte.
    Dont les échos mourants arrivent jusqu’à nous.

    Et ces accents connus nous émeuvent encore.
    Mais à nos yeux bientôt la vision décroît ;
    Comme l’ombre d’Hamlet qui fuit et s’évapore,
    Le spectre disparaît en criant : Souviens-toi !

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    Le doute

     

    Le doute s'empare du monde, le Dieu éternel vacille au fond des cœurs ; mais le

    tressaillement du scepticisme ne reste pas sans fruit : tout s’agite ; la philosophie, les révolutions politiques entrouvrent ensemble l’avenir ; et nous, qui paraissons un moment au milieu de ce spectacle, nous attendons l'éclair qui doit tout éblouir, et ramener la paix que le monde a perdue.


    Citation de Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe

    siècle (1855)


     

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    Le doute

     

     

           

     

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    Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent seulement la nuit. "

    Edgar Poe

     

     

    "Nous ne voyons pas nos démons parce que nous ne nous voyons pas nous-mêmes"  

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    La foule des vivants rit et suit sa folie,
    Tantôt pour son plaisir, tantôt pour son tourment ;
    Mais par les morts muets, par les morts qu'on oublie,
    Moi, rêveur, je me sens regardé fixement.

    Ils savent que je suis l'homme des solitudes,
    Le promeneur pensif sous les arbres épais,
    L'esprit qui trouve, ayant ses douleurs pour études,
    Au seuil de tout le trouble, au fond de tout la paix !

    Ils savent l'attitude attentive et penchée
    Que j'ai parmi les buis, les fosses et les croix ;
    Ils m'entendent marcher sur la feuille séchée ;
    Ils m'ont vu contempler des ombres dans les bois,

    Ils comprennent ma voix sur le monde épanchée,
    Mieux que vous, ô vivants bruyants et querelleurs !
    Les hymnes de la lyre en mon âme cachée,
    Pour vous ce sont des chants, pour eux ce sont des pleurs.

    Moi, c'est là que je vis ! — cueillant les roses blanches,
    Consolant les tombeaux délaissés trop longtemps,
    Je passe et je reviens, je dérange les branches,
    Je fais du bruit dans l'herbe, et les morts sont contents.

    Là je rêve ! et, rôdant dans le champ léthargique,
    Je vois, avec des yeux dans ma pensée ouverts,
    Se transformer mon âme en un monde magique,
    Miroir mystérieux du visible univers.

    Regardant sans les voir de vagues scarabées,
    Des rameaux indistincts, des formes, des couleurs,
    Là, j'ai dans l'ombre, assis sur des pierres tombées,
    Des éblouissements de rayons et de fleurs.

    Là, le songe idéal qui remplit ma paupière
    Flotte, lumineux voile, entre la terre et nous ;
    Là, mes doutes ingrats se fondent en prière ;
    Je commence debout et j'achève à genoux.

    Comme au creux du rocher vole l'humble colombe,
    Cherchant la goutte d'eau qui tombe avant le jour,
    Mon esprit altéré, dans l'ombre de la tombe,
    Va boire un peu de foi, d'espérance et d'amour !

     Mars 1840.

    Victor Hugo.
     

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    Petits mots svp,si cela vous a plus. merci.

    les cimetiéres

    les cimetiéres

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